31/03/2014

Les frasques de Kofi YAMGNAN

Depuis toujours l’Afrique en général et le Togo en particulier ont souffert des frasques de leurs intellectuels. Ces derniers qui normalement doivent être le phare de leur communauté constituent plutôt dans bien des cas source de malheur pour celles-ci. Pour le Togo par exemple, depuis la prise de pouvoir sanglant du feu président GNASSINGBE Eyadema le 13JANVIER1967, les intellectuels nationaux se sont illustrés  négativement. Conseillers, ministres, ambassadeurs, ils sont prêts à tout afin de garder les nombreux avantages que leurs conféraient leurs rangs et titres.

On a encore en mémoire les noms de certains plus proches collaborateurs du président Eyadema : GBEGNO AMEGBOR, GACHIN MIVEDOR, KPOTIVI TEVI DJIDJOGBE LACLE, AHLONKOBA EITNHARD,AGBEYOME MENSAH KODJO,YAO KOUNALE EKLO,KOFFI PANOU,BARRY MOUSSA BARQUE pour ne citer que ceux la. Dans l’art du propagandisme, ils étaient les premiers. Ils passaient le plus claire de leur temps au palais présidentiel ‘’LOMEII’’ à roder autour du guide, le timonier, le père de la nation, le chef suprême de l’Armée etc. Ils excellaient en formules élogieuses puisées depuis le tréfonds de leur imagination si fertile. Les partisans,  endoctrinés, passaient le plus clair de leur temps à chanter et à danser à la gloire du despote tandis que le reste de la population se terrait dans un mutisme éloquent. Pendant ce temps les amis  du président festoyaient dans les salons surdimensionnés et feutrés de leurs domiciles après avoir remplis leurs multiples comptes off shore de devises étrangères. La gabegie était le maitre mot de cette période.

Mais, chose curieuse et étonnante, se sont souvent dans bien des cas les intellectuels, ceux là même bardés de diplômes obtenus avec brio dans les plus prestigieuses universités européennes qui étaient le maitre d’orchestre de ces pratiques. Au lieu de constituer de phare pour leur nation, ils s’illustraient plutôt d’une piètre façon : celle de servir de vassal et de marchepied pour un dictateur de la pire espèce afin d’assouvir leur bestial et insatiable  soif d’argent .Chose certaine et évidente : le président Eyadema n’aurait jamais pu faire trente et cinq ans de règne sans partage sans l’aide des intellectuels togolais ! Bien sûre on me parlera de l’armée et de son rôle funeste. Mais que peut faire l’armée face aux multiples condamnations occidentales, la fameuse communauté internationale au lendemain des répressions sanglantes ? L’armée  n’est que le bourreau du régime ; elle se contente à l’aveuglette de réprimer sauvagement sans foi ni loi.

 Mais le pire ennemi du peuple, le plus lâche, le plus vil, le plus infâme bourreau, c’est l’intelligentsia. C’est elle qui réécrit l’histoire du régime naguère tracée en lettres rouge sanguinolentes en une ode immaculée digne des meilleurs poèmes d’Homère. Le véritable fossoyeur de la démocratie togolaise n’est pas l’armée mais l’intelligentsia. L’un des plus illustres intellectuels africains, essayiste émérite, ancien secrétaire général de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) ancêtre de l’Union africaine Edem CODJO ne fut il pas l’un des plus proches conseillers de GNASSINGBE Eyadema ?Ancien leader de l’opposition démocratique dans les années quatre vingt dix il rejoint sans sourciller armes et bagages le camp du pouvoir au grand dam de ses paires de l’opposition au rang desquels le bouillant Me Yawovi AGBOYIBOR.

A plusieurs reprises le premier ministre, il a servi fidèlement le régime RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) ancien parti unique. Aujourd’hui à la retraite et grabataire, Monsieur Edem CODJO  cherche à redorer son blason terni depuis des lustres en créant une fondation pour la recherche de la paix en Afrique PAX AFRICANA. Un chimère !Le 06 Février 2005 à la disparition d’Eyadema, se sont les intellectuels qui se sont une fois encor réunis avec les hauts gradés de l’armée et portés au pouvoir Faure GNASSINGBE l’un des nombreux fils du dictateurs à la tète du pays au mépris de toutes les lois régissant cette nation. En moins de vingt et quatre heures ce novice en politique fut téléguidé de simple député au poste de président de la République passant  par celui de président de l’assemblée nationale! Entretemps le véritable président de l’hémicycle Fambaré Ouattara NATCHABA fut bloqué à l’extérieur. Ce coup de force sans précédent orchestré par les barons du régime n’a qu’un seul but : rendre pérennes les immenses avantages dont ils jouissent. Aujourd’hui encore les intellectuels nationaux s’illustrent toujours négativement et la dernière frasque digne d’un intellectuel togolais est celle de Monsieur Kofi GNAMGNANE .C’était au cour d’une conférence-débat organisée par l’association  la Liberté de l’Esprit  ce 23Janvier2014 à 20h à l’Amphithéâtre de l’hôtel Mercure  à Quimper une petite commune  située au nord ouest de la France en Basse-Bretagne.

Au cours de cette conférence-débat qui portait sur le thème développement et démocratie en Afrique, le conférencier d’un jour Kofi YAMGNANE s’est accentué sur le cas du Togo .Chose à priori normale puisque c’est son pays d’origine. Mais au lieu d’une description objective de la situation socio politique du pays, il s’est borné à peindre en noir son pays le Togo et ses habitants. Tenez par exemple :« Allez en Afrique, dans n’importe quel village, vous verrez la réalité, Les hommes sont assis sous les manguiers et les baobabs  en train de boire, et ce sont les femmes qui vont au champ…Au Togo, lorsque vous descendez de l’avion, vous êtes accueilli par une grande fumée qui provient non seulement des moteurs qui utilisent du carburant frelaté du Nigeria mais aussi tenez-vous bien, des feux dressés au milieu de la chaussée. La nuit tombée, toute la population rassemble les ordures au milieu de la chaussée, pour les brûler….je vous mets au défi, envoyer un togolais qui a obtenu le Bac en France, il ne saura rien faire, l’éducation est totalement au rabais et les diplômés sortis de l’Université ne peuvent rien faire d’autres que le Zémidjan, c’est-à-dire les taxis motos….., pour ma campagne électorale, j’ai recruté un diplômé sorti de l’Université à travailler avec moi, le monsieur ne connaît rien de l’ordinateur, rien du logiciel Excel. Il ne sait pas sur l’écran là où se trouvent les abscisses et les ordonnées…… au Togo, on ne peut obtenir aucun service sans sortir de l’argent….ils disent toujours… et mon thé et mon thé… j’ai un ami qui devrait adopter un enfant. Il a apporté au tribunal toutes les informations liées à l’adoption mais le monsieur a refusé de signer le dossier, et il dit qu’il va signer à condition que… mon ami lui demandé ce qu’il voulait obtenir en retour, il a dit qu’il voulait une chaîne HI-FI et mon ami l’a rassuré qu’il ira au port lui ramener la chaîne Hi-fi et automatiquement il a appelé le greffier pour lui dire, signe moi ça…… Lorsque vous aidez un pays africain, le Togo y compris, pour les millions d’Euro, le Chef de l’Etat met la moitié dans sa poche, il donne la moitié au Premier Ministre qui met aussi une partie dans sa poche et remet le reste à l’armée ….Quand bien même ils vont aux toilettes, ils ne savent pas où vont les déchets…. »

Ces balivernes dites avec sérénité sont de Kofi YAMGNAN. Et à chaque fois qu’il pérorait ces âneries perché depuis son piédestal tel un colon colonial, l’assistance composée dans sa grande majorité de Français s’esclaffait ! Vous vous rendez compte ? Un diplômé sorti de l’université de Lomé incapable de travaillé dans Excel ! Il ne sait même pas sur l’écran là où se trouvent les abscisses et les ordonnées ! Et quand à un moment donnée il parlait de ses fumées noires imaginaires sur Lomé, il voulait nommé un boulevard celui du Mono il dit : « sur le Boulevard euh…euh…euh… » Le monsieur ne connait même pas le nom de ce boulevard ! L’un des plus célèbres de Lomé ! Comment peut-on être si mesquin dans la vie à ce point ? Ailleurs il disait : « je marchais sept kilomètres pour aller à l’école et sept kilomètres pour en revenir ; tous  mes amis ont démissionné et j’étais seul à continué l’école ils préféraient aller à la chasse que d’écouter un monsieur déblatéré toute la journée ». Morale  de l’histoire : notre Yamgnan était le seul à aller à l’école dans son village ! Quel fanfaron ! Pour la petite histoire , le monsieur est né un 11Octobre 1945 à Bandjéli préfecture de Bassar. Adopté par un missionnaire français, il part pour la Bretagne et  obtint sa licence en mathématique. Il a toujours proclamé être ingénieur des ponts et chaussée mais cela reste à prouver puisque ce fanfaron n’a jamais construit un pont ou une quelconque chaussée. Il fit une brève carrière politique sous Mitterrand et c’est l’hallali ! Or en vérité à un moment donné la France voulait un exemple d’intégration comme ce fut le cas sous Sarkozy avec la franco sénégalaise RAMA YADE ou actuellement sous Hollande avec  CHRISTIANE TOBIRA la Guyanaise .C’est tout. Point n’est besoin d’en faire toute une  histoire ! Etre maire d’une localité qui compte à peine cinq cent âmes avec toute la machine de l’Etat derrière soi, ce n’est quand même pas de la sinécure. Après cette piètre  et brève carrière politique, le franco togolais n’est désormais que l’ombre de lui même. D’ou ces petites conférences dans son fief le Finistère afin d’arrondir ses fins du mois car très souvent à la fin de ces séances on lui cotise et pour ce faire inviter une prochaine fois ce renégat est obligé d’inventer des histoires qui constituent des choux gras pour ces malheureux français qui sont à mille lieux de l’Afrique et de sa réalité.

Sous le règne de GNASSINGBE père il a toujours effectué des visites fréquentes et régulières au palais présidentiel pour se faire arroser gracieusement avec l’argent du pauvre contribuable togolais ! Son idylle français fini, il se tourne vers le Togo son pays d’origine où on le connait à peine. S’étant présenté aux dernières élections présidentielles  avec de faux papiers sa candidature fut invalidée ; il reparti illico pour son pays d’adoption sans demander son reste. N’ayant même pas de pied à terre dans son propre pays, c’est chez un vague cousin qu’il dort  à Lomé. Bagarreur notoire et foncièrement introverti il n’hésite pas à traiter tous ceux qui lui barrent la route d’être à la solde du pouvoir. Comment peut on cracher dans la soupe qu’on vient de manger ? Le monsieur oublie qu’en cent ans, gros bois dans l’eau ne deviendra jamais caïman .Certes des problèmes existent au Togo on le concède ; la corruption, la pauvreté, la mal gouvernance….Mais on reste fier de ce  bout de terre ; ce petit rectangle objet de tant de suspicion occidentale. Les choses bougent ; les jeunes se battent pour aller de l’avant ; une véritable génération consciente est en branle portée par  un optimisme en béton ; car l’essentiel n’est pas ce qu’on a fait d’un homme mais plutôt ce qu’il fait de ce qu’on a fait de lui.

 

Jean Claude TOGBE

07/06/2013

TOGO: La Plateforme Citoyenne Justice et Vérité est inquiète du climat délétère dans laquelle la Commission Électorale Nationale Indépendante travaille pour les élections législatives


 

Depuis le mois de février le climat sociopolitique reste très tendu au Togo. Less révendications des travailleurs du public, doublées de celles du Collectif Sauvons le Togo (CST) entrainent des manifestations populaires et autres grèves qui rythmes le quotidien des togolais. Cette situation inquiète les organisations de la société civile (OSC) qui se préoccupe surtout des élections législatives prochaines. 


Le 05 juin 2013, la Plateforme Citoyenne Justice et Vérité, une coalition de la société civile togolaise regroupant des ODDH, les médias, les organisations de femmes et de jeunes a publiée une déclaration sur la situation sociopolitique du togo. 

Cette coalition dans sa déclaration a rappeler les différents évènements qui sont survenus sur le territoire national ces derniers mois. De la mort du Jeune Anselme SINANDARE à Dapaong à celle de Etienne YAKANU de l'Allinace Nationale pour le Changement (ANC) en passant par les repressions des étudiants et manisfestants de la Synergie des Travailleurs du Togo (STT), la Plateforme a monterr que le climat socio politique n'est pas propice à l'organisation des élections libres, transparentes et consensuelles. 

Elle rappel aussi que la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) a dans son rapport préciser que le Togo a connu plus de violence et violation de droits de l'homme en période des élections. 

la Plateforme appelle les autorités à "prendre les dispositions pour que le calme et la confiance de toutes les parties prenantes reviennent" pour que la CENI puisse faire un bon travaille.


Lire l'intégralité de la déclaration

Le 24 Mai 2013 le Chef de l’Etat a pris en Conseil des Ministres, un décret portant création du Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN), institution qui doit accompagner le processus de réconciliation par la mise en œuvre des recommandations de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR).

La Plateforme Citoyenne Justice et Vérité salue cette initiative du Chef de l’Etat qui dénote de la volonté du Gouvernement de poursuivre l’œuvre de réconciliation des filles et fils du Togo. Elle tient toutefois à attirer l’attention des autorités et de l’opinion publique sur un certain nombre d’événements survenus au cours de ces derniers mois et qui rendent le climat socio politique du pays assez délétère.

En effet, depuis le mois d’avril 2013, le Togo connaît des revendications socio politiques allant des manifestations publiques des travailleurs de la fonction publique regroupés dans la Synergie des Travailleurs du Togo (STT), aux manifestations du Collectif Sauvons le Togo et de la Coalition Arc-en-ciel, aux revendications des étudiants des universités de Lomé et de Kara.

Pour rappel, à la suite de la grève des enseignants et membres de la STT, les manifestations des élèves qui, à Dapaong, réclamaient le retour en classe de leurs enseignants ont connu le décès le 15 avril 2013 d’un jeune élève en la personne de Anselme SINANDARE âgé de 12 ans atteint par balle réelle tirée par un agent des forces de l’ordre. Deux (02) jours plus tard, un autre jeune Douti SINALENGUE âgé de 21 ans a succombé à la suite des coups reçus le 15 avril lors de la manifestation.Ces morts avaient déclenchées des manifestations un peu partout dans le pays.

La Plateforme reste également marquée par le décès d’Etienne YAKANOU, détenu à la prison civile de Lomé dans le cadre des affaires des incendies des marchés, sans que les conditions exactes de ce décès soient élucidées.

Les 21 au 23 Mai 2013, les manifestations du Collectif Sauvons le Togo ont été suivies de répressions des forces de l’ordre, de même que les manifestations des étudiants réclamant le paiement de leurs tranches d’aide pour pouvoir poursuivre les cours dans les bonnes conditions.

Tous ces événements surviennent alors que le pays s’est engagé dans un processus électoral devant conduire aux élections législatives et locales. Or selon la Commission Vérité Justice et Réconciliation, les périodes électorales au Togo sont souvent marquées par des violences et diverses formes de violations de Droit de l’Homme.

La Plateforme reste inquiète du climat délétère qui ne permet pas à la Commission Electorale Nationale Indépendante de faire son travail dans la sérénité. Rappelant que ces élections sont d’une importance capitale pour la consolidation d’un Etat de droit, la Plateforme appelle les autorités à prendre les dispositions pour que le calme et la confiance de toutes les parties prenantes reviennent.

La Plateforme Citoyenne Justice et Vérité reste convaincue que seuls le dialogue et le consensus restent la porte de sortie de cette crise pour le Togo. C’est pourquoi, dans le souci de favoriser l’apaisement, elle recommande :

1-    aux autorités:

·        De créer, le plus tôt possible, un cadre de concertation et de dialogue afin de trouver des solutions aux situations et problèmes qui divisent les Togolaisafin d’aboutir à un climat apaisé et serein pour les élections ;

·        De tenir les promesses faites à la Synergie des Travailleurs du Togo(STT) en ce qui concerne les travailleurs du Secteur Public ;

·        De maintenir le dialogue avec les associations et syndicats étudiants en vue d’étudier les modalités de satisfaction de leurs doléances ;

·        De créer une commission d’enquête devant faire la lumière sur les cas de décès et de blessés intervenus ces derniers mois suite aux différentes manifestations aussi bien des acteurs politiques que des élèves et dans les affaires d’incendies ;

·        D’accélérer l’instruction des dossiers des personnes arrêtées dans l’affaire dite des incendies de Lomé et de Kara afin de favoriser la tenue d’un procès juste et équitable et situer au plus vite les responsabilités des uns et des autres ;

·        De s’assurer que, dans le maintien de l’ordre, les forces de l’ordre bannissent l’usage de la force.

 

2-    Aux acteurs politiques et sociaux

·        De privilégier le dialogue dans la formulation de leurs revendications auprès des autorités ;

·        D’assurer un encadrement adéquat de leurs manifestations afin d’éviter les débordements et toute forme d’expression violente.

 

3-      A la communauté internationale notamment aux diplomates accrédités des grandes puissances en poste au Togo (Allemagne, Etats-Unis d’Amérique, France) ainsi qu’aux Représentantes des Nations Unies notamment le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et au Bureau du Togo du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) :

·        De continuer par servir de pont entre les acteurs politiques aux points de vue parfois divergents à priori ;

·        D’encourager les autorités à privilégier le consensus des grandes composantes de la classe politique autour du processus électoral en cours.

 

La Plateforme réaffirme sa disponibilité à continuerà exhorter les différentes composantes de la société togolaise à s’approprierle rapport de la CVJR et partant, poser des bases pour une réconciliation véritablement durable dans le pays.

Elle entend, dans les jours à venir, initier une série d’actions sur les médias et auprès des différents acteurs en vue d’encourager les uns et les autres au dialogue et à la concertation, basespour l’édification d’un Etat togolais fort et émergent dans la communauté des nations.

 

Fait à Lomé, le 04 juin 2013

20/02/2013

Togo : La liberté de presse menacée, les prochaines élections législatives et locales en danger

Annoncées depuis la fin de l’année 2012, les élections législatives et locales n’ont toujours pas eu lieu au Togo. Et pour cause. La classe socio politique est plus que jamais divisée et un climat de peur et crainte de débordement règne actuellement dans la capitale Lomé.

Aujourd’hui, il est très difficile de dire quand auront lieu ces élections qui sont d’une importance capitale pour l’avenir de ce petit pays de l’Afrique de l’Ouest. Au-delà des parlementaires qui seront choisis pour les cinq (05) prochaines années, ce sont les élus locaux et les maires qui constituent l’autre grand enjeu de ces élections. Cela fait plus de vingt (20) ans que les communautés togolaises sont gérées par les délégués spéciaux choisis par le gouvernement en place. Manquant de légitimité auprès des communautés et surtout des moyens pour agir, ces délégués spéciaux se retrouvent pris en étau entre les besoins de leurs localités et les exigences du régime au pouvoir. D’où l’importance des prochaines élections. Mais force est de constater, que même avec  la mise en place d’une Commission Electorale Nationale Indépendant (CENI), les dates des prochaines consultations ne sont pas encore connues. Ce constat montre que le Togo travers une crise sociopolitique qui rappelle les évènements de 2005. Plusieurs points de discorde entre le parti au pouvoir et l’opposition bloquent le processus. L’absence de dialogue sincères et constructif avec au centre, l’intérêt national semble montrer que le dénouement n’est pas pour demain. C’est dans cette atmosphère délétère que le gouvernement a introduit un projet de loi à l’Assemblée Nationale pour renforcer le pouvoir de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) qui aura la prérogative désormais de sanctionner la presse. Il est donc difficile de ne pas faire le lien entre ce projet de loi et les élections législatives et locales à venir.

Le Togo est un pays connu pour sa gestion de la gouvernance institutionnelle et le respect des droits de l’homme qui sont le dernier des préoccupations des dirigeants. En témoignent les recommandations faites par les instances des Nations Unies pour la protection des droits humains (Examen Périodique Universel, Comité Contre la Torture) et la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR). Vu les périodes électorales compliquées que le pays a toujours traversé, la presse togolaise comme partout ailleurs a un rôle crucial à jouer. Pour la transparence du scrutin et sa liberté, le 4ème pouvoir est plus qu’indispensable, pour relayer les informations sur le déroulement de tout le processus. Lors d’un processus électoral, le seul élément secret est le vote lui-même. Donc à part le vote, tout le reste doit être connu et doit être clair pour tous les citoyens. La presse est là, pour jouer ce rôle capital. Ceci n’est pas toujours du goût du régime au pouvoir au Togo.

Les prérogatives de la HAAC dans la nouvelle loi et les dispositions de la Constitution

La nouvelle loi qui vient d’être votée à l’Assemblée Nationale ce mardi 19 février 2013 par 58 voix contre 03 stipule clairement qu’en « En cas d’inobservation des recommandations, décisions  et mises en garde par les titulaires des récépissés de parution des publications, la Haute Autorité peut prononcer l’une des sanctions suivantes : la suspension de parution pour quinze (15) jours de la publication pour les quotidiens ; la suspension de parution pour un (1) mois de la publication pour les autres types de publications ; la suspension de parution pour trois (3) mois de la publication avec retrait de la carte de presse ; la suspension de parution pour six (6) mois de la publication avec retrait de la carte de presse ». Elle ajoute que « La Haute Autorité après une mise en demeure  restée sans suite, peut infliger, aux directeurs, promoteurs des agences de production, de publicité ou fondateurs des vidéoclubs les sanctions suivantes selon la gravité de la faute : la suspension de l’autorisation pour un (1) mois au plus ; la suspension de l’autorisation pour trois (3) mois au plus ;la réduction de la durée de l’autorisation dans la limite de six (6) mois ; le retrait provisoire de l’autorisation pour une durée d’un (1) an ; le retrait définitif de l’autorisation avec saisie des équipements. »

Hors la constitution togolaise en son article 26 alinéa 3 dit clairement ceci : « la presse ne peut être assujettie à l’autorisation préalable, au cautionnement, à la censure ou à d’autres entraves. L’interdiction de diffusion de toute publication ne peut être prononcée qu’en vertu d’une décision de justice ».

Donc en donnant plus de pouvoir à la HAAC et en l’autorisant à prendre des sanctions contre la presse, le gouvernement montre sa détermination à rendre le quatrième pouvoir silencieux et totalement soumis. Ceci constitue une entrave à la liberté de la presse et une régression de la liberté d’expression et d’information. Alors que le Togo vient de perdre quatre places en ce début d’année 2013 sur le classement de la liberté de presse, le gouvernement de ce pays s’illustre encore une fois de manière négative. « La suspension d’un média ou le retrait de son autorisation d’exploitation sont des actes graves qui doivent demeurer exceptionnels », disait Reporters Sans Frontière dans un courrier adressé au Premier Ministre togolais. La HAAC n’étant pas un organe juridictionnel, elle ne peut être habilitée à adopter des sanctions à l’encontre des médias. En plus, les pouvoirs de sanctions attribués par ce projet de loi à la HAAC sont d’une telle gravité qu’ils ne peuvent être justifiés par aucune considération "d’urgence ou de manquement aux obligations" légales poursuivait ce courrier. La HAAC, qui "a pour mission de garantir et d’assurer la liberté et la protection de la presse", ne doit pas devenir une instance de censure. Il est donc clair que si cette loi est votée par les députés, cela viole la Constitution qui est le texte fondateur de ce pays. Ce qui ramène le Togo en arrière de presque 10 ans ou la violation de la constitution en 2005 avait plongé le pays dans un bain de sang soldé par plus de 500 morts selon les Nations Unies.

Mobilisation des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme contre la loi

La nouvelle loi a été introduite le vendredi 15 février à l’Assemblée Nationale et a été votée ce mardi 19 février. Pris de court, la presse togolaise s’est mobilisée et a programmé un sit-in devant le Palais des Congrès de Lomé, siège de l’Assemblée Nationale ce même mardi 19 février. Cette manifestation dite pacifique et silencieuse a reçu rapidement le soutien des organisations de défense des Droits de l’Homme du Togo et des organisations de presse internationale telle Reporters Sans Frontières.

Ce sit-in, comme on pouvait s’y attendre n’a pas eu lieu car les forces de l’ordre ayant interdit l’accès devant l’Assemblée Nationale aux nombreux journalistes qui ont fait le déplacement avec le soutien de la population de Lomé. Préférant éviter l’affrontement avec les forces de l’ordre, les journalistes après quelques heures ont quitté le Palais des Congrès vers 11H du matin.

Pourquoi une mobilisation générale contre la nouvelle loi ?

Plusieurs raisons expliquent la mobilisation des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme contre cette nouvelle loi introduite par le gouvernement. En premier lieu son anti-constitutionalité. Voter cette loi amène les députés qui sont les élus du peuple à violer la Constitution (ce qui n’est pas une première dans ce pays). En second, cette loi donne un pouvoir démesuré à la HAAC au détriment de la justice. Tertio, la HAAC est une institution dite indépendante. Or, son actuel président n’est que l’ancien ministre de la justice garde des sceaux et surtout membre du bureau politique du parti RPT transformé depuis peu en UNIR. Cette appartenance au parti au pouvoir ne donne aucune légitimité au président actuel qui ne reçoit quasiment aucun soutien des hommes de médias. Et avec la nouvelle loi qui est sur le point d’être votée, la relation entre la presse togolaise et la HAAC risque d’être plus tendue qu’auparavant.

Plusieurs observateurs de la scène politique togolaise voient en cette loi une opportunité pour la HAAC de museler certaines radios et certains titres de presse écrite du pays. La radio Légende Fm et Victoire Fm, les titres de presse comme l’Alternatives, les Triangles des Enjeux ou encore Liberté sont menacées. Alors que le pays croupit déjà sous le poids de la pauvreté et de la misère, les droits fondamentaux qu’est la liberté de presse continue d’être bafoués. A cette allure, la démocratie, l’Etat de Droit et la bonne gouvernance sont des notions que les générations actuelles ne verront pas effectives au Togo. Et les prochaines élections ne promettent rien de bon. Quitte à vivre encore cent (100) ans.

Par Bernard Anoumo Dodji BOKODJIN, Sociologue, journaliste Activiste des Droits Humains

 

 

 

 

 

18/02/2013

LE SECRATAIRE GENERAL DU SYNDICAT INDEPENDANT DES JOURNALISTES TOGOLAIS (SYNJIT) POUSSE UN CRIE D’ALARME SUR LES PATRONS DE PRESSE.

 

Demain mardi 19 Février 2013, les organisation de presse ont prévu faire un sit in devant le siège de l’Assemblée Nationale qui s’apprête à voter une loi répressive à l’endroit de la presse togolaise. Mais comme à leur habitude certains responsables des organisations de presse font des manèges pour saboter cette action en se désolidarisant de la corporation. Ceci à fait sortir M. Maxime DOMEGNI le Secrétaire Général du SYNJIT de ces gongs.

Pour ce jeune qui est à la tête du SYNJIT depuis deux ans, « Si la presse togolaise est là où elle est aujourd'hui avec TANT de problèmes, de divisions, d'inimitiés, de manque d'ambitions, de précarité... c'est dû à nos organisations. c'est moi qui le dit, personnellement et non le SYNJIT. Si la presse togolaise est INCAPABLE DE TOUT, pendant que tous les autres secteurs du pays  (menuisiers, coiffeurs, tailleurs, vendeurs de graviers, fonctionnaires, etc) réalisent des exploits, c'est dû à nous (j’en fais partie) qui dirigeons les fameuses  organisations de presse »

Il poursuit en affirmant que « la presse togolaise est malade, aussi malade qu'un malade de cancer à la métastase. Malade des petits « bitozarsd » qui se multiplient au sein de la corporation, mais malade surtout de ses responsables. »

Pour une fois, un journaliste fait une sortie officielle et tire sur les patrons de presse qui constituent plus des freins au développement de la corporation. Les conditions de travail et d’emploi des journalistes est déjà déplorable. Et si la Haute Autorité de l’Audio visuel et de la Communication (HAAC) en complicité avec les députés veulent faire taire la presse avec la bénédiction des patrons de presse eux même alors la liberté d’expression et d’opinion est morte au Togo.

Lisez en intégralité le texte de Maxime DOMEGNI.

Cela fait longtemps que je me suis imposé un silence sur mediatogo (mailing liste de la presse togolaise), sur recommandations des certains confrères et consœurs pour qui j'ai
beaucoup de respect, à la suite d'une séries de graves menaces dont j'avais fait l'objet.

Personnellement, je n'ai pas vraiment été intimidé par quoi que ce soit. Mais il fallait aussi se concentrer sur comment faire changer les choses que de vouloir se préoccuper de menaces.


Mais là, je suis obligé d'offenser mes chers tontons et tata qui me
préfèrent beaucoup plus silencieux.


Cela fait bientôt deux ans que je suis à la tête du SYNJIT. Ces petites années m'ont permis de confirmer ce dont j'étais presque sûr, bien avant la naissance du synjit. Si la presse togolaise est là où elle est aujourd'hui avec TANT de problèmes, de divisions, d'inimitiés, de manque d'ambitions, de précarité... c'est dû à nos organisations. c'est moi qui le dit, personnellement et non le SYNJIT.


Si la presse togolaise est INCAPABLE DE TOUT, pendant que tous les autres secteurs du pays  (menuisiers, coiffeurs, tailleurs, vendeurs de graviers, fonctionnaires, etc) réalisent des exploits, c'est dû à nous (j’en fais partie) qui dirigeons les fameuses  organisations de presse; nous qui avons la responsabilité de "lead" (conduire) la
presse vers des objectifs précis.


Chers confères, la presse togolaise est malade, aussi malade qu'un malade de cancer à la métastase. Malade des petits « bitozarsd » qui se multiplient au sein de la corporation, mais malade surtout de ses responsables. Je sais que ces mots me vaudront tellement d'ennuis, mais je le dis quand même. je suis persuadé qu'il faut des gens dans toute communauté qui soient prêts à jouer le kamikaze, à s'offrir en holocauste, pour que les lignes bougent. Un seul exemple. le dossier Convention Collective. Juste parce que d'aucuns ne supportent la tête de certains d'entre nous, ils bloquent artificiellement le processus. Les  partenaires sont prêts et n'attendent que nous pour nous appuyer. Mais le processus (donc toute la corporation) est pris en otage par quelques personnes, juste pour des intérêts qu'ils sont les seuls à connaître.


Mais diantre, il a suffi d'un petit plaidoyer pour mobiliser 1000 euros auprès de la FIJ pour venir en aide à notre confère Sam. ça aussi a fait mal à certains... 
Combien n'aurions-nous pas mobilisé si des organisations se mettent ensemble pour élaborer des projets de développement de la presse au Togo? Au Bénin, la presse a pu obtenir des milliards auprès des partenaires pour ses projets de développement. Ils n'ont pourtant pas deux têtes, les Béninois. Quand le Synjit a lancer un appel aux organisations pour une concertation enfin de formuler des projets de développement les autres organisations n'ont pas semblé intéressées. Et la situation est là! Au même moment on s'acharne partout pour étouffer le petit syndicat.

Ah oui, il est trop ambitieux!


Il m'est revenu qu'un responsable d'organisation a appelé la HAAC pour menacer que le si le Synjit est admis au sein d'une commission, il retirera son organisation. Et pourtant c'est grâce à notre participation à cette seule commission que le cout de la carte de presse a été réduit de 15.000 à 10.000F et nous continuons la pression pour que cela revienne à 5.000 francs ou moins. Eux qui sont et veulent être partout, qui ont tout pour eux, n'ont été capable de rien jusqu'ici. Et ce sont eux qui font de leur poste une question de vie et de mort. ça me désole profondément! Cette fois-ci, face à la dérive liberticide du gouvernement et de la HAAC, pendant que moi je rêvais encore de voir une parade corporatiste face au défi, nous voici déjà obligé d'aller en rang dispersé. Mais quel est ce démon de division qui s'est tellement emparé de cette corporation et qui ne veut plus la libérer?


Je crois, en tout cas, que les journalistes et membres des organisations sont eux aussi trop laxistes face aux maux qui minent notre corporation. On se donne, à peine, la peine de demander des comptes à nous les responsables. On nous laisse trop le temps de foutre l'avenir de la corporation en l'air. Il faut désormais que les confrères journalistes soient engagés et très impliqués dans la vie de nos organisations pour nous pousser nous responsables à rester attachés aux préoccupations de la corporation. Autrement, la
catastrophe n'est plus loin.

Pour une fois, saisissons l'occasion pour renverser la tendance,
commençons par faire bouger les lignes. Sans rancune!

Maxime DOMEGNI

Bernard A. Dodji BOKODJIN,

Sociologue, journaliste.